Louis Desjardins :
artisan avant tout
par André Morin
Il travaille le cuir depuis le début des années 1970, artisan de coeur, artisan dans l’âme. De fil en aiguille, il se fera cordonnier, pour faire complément à son activité artisanale. Le «ptit cordonnier» de la Rivière, monsieur Charles-Eugène Rioux, sera l’un de ses maîtres; il suivra aussi une formation à Québec et enseignera la cordonnerie pendant un an à Causapscal. Louis Desjardins a tenu cordonnerie à Trois-Pistoles au début des années ’80. En 1985, il se rend au Mali, pour jeunesse Canada-Monde. Il est de retour à Trois-Pistoles depuis sept ans, toujours artisan avant tout, travaillant le cuir dans sa cordonnerie et des os d’orignaux et même d’autruches dans son atelier d’art animalier. Multidisciplinaire par la magie de son imagination et de sa dextérité, Louis Desjardins utilise le cuir pour créer ses produits maison tels que sandales, chapeaux, ceintures, vêtements sur mesure et autres. Ses connaissances et son souci de l’authenticité sont aussi mis à profit pour divers événements. Il devient ainsi la référence et le «couturier-sauveteur» du Théâtre de Trois-Pistoles, comme ce fut le cas pour la pièce «Sophie et Léon» où il a enseigné la manipulation de divers objets tranchants au comédien Jacques Godin; comme c’est le cas présentement pour la pièce «La guerre des clochers» où il doit rafistoler les costumes qui sont utilisée et dont plusieurs datent de la série «Radisson» diffusée en 1965.
Le Parc de l’aventure basque lui a pour sa part confié la confection de godasses antiques, à partir d’un simple dessin et d’un texte technique en espagnol. C’est que l’artisan ne se contente jamais d’à-peu-près. Il donne la pleine mesure.
Comme il le fait pour cette nouvelle spécialité qu’il a ajoutée il y a trois ans à son activité: l’art animalier. Louis Desjardins travaille les os d’orignaux et même d’autruches pour en faire des bijoux et autres objets décoratifs reproduisant les baleines. Il a perfectionné ses méthodes pour faire bouillir les os (il y consacre une longue fin de semaine à chaque automne sur le bord du fleuve), pour le polissage (il utilise des fraises de dentiste et a testé mille et un abrasifs), pour le mouvement et le volume à donner à ses créations. Dix espèces différentes de baleines sont ainsi reproduites: du rorqual à la baleine franche et jusqu’à sa plus récente création, Moby Dick. La direction internationale de Pêches et Océans Canada s’approvisionne chez lui pour sont inventaire de cadeaux diplomatiques. D’autres ministères et corporations se montrent également intéressées. L’artisan en est fier, comme de sa toute dernière trouvaille: une chaise-balançoire pliante qu’il a confectionnée pour sa fille Zoé et qui a plu au plus haut point à son amie Marie-Claude. Louis Desjardins, c’est la magie de l’artisan qui se manifeste au quotidien.
André Morin
Courrier de Trois-Pistoles
31 août 1997
Gens du pays Basques
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